L'atelier des heures volées

°°°bois, tissus et couleurs°°°

oublier Emma.Françoise Houdart

Nous avons présentés dans ce journal déjà des artistes plasticiens qui travaillaient le tissus, le fil, la couture. Cette fois c’est d’un écrivain dont j’ai envie de parler, à défaut de l’avoir lu.

J’étais dans la voiture, au moment de cette émission, la librairie francophone, de France Inter, c’était le 17 Octobre. Elle avait particulièrement attirée mon attention, puisqu’il s’agissait de poupées. Et j’avais trouvé les interventions de Françoise Houdart vraiment très pertinentes.

Son livre évoque la quête d’une poupée:

Françoise Houdart

Oublier Emma

Paru en août 2009, Editeur L. Wilquin, Avin (Belgique)

Une douzaine d’histoires – dont certaines imbriquées les unes dans les autres à la façon des matriochkas – que relient l’obsédante quête d’une collectionneuse à la recherche d’une poupée volée jadis dans un parc et les aventures parfois risquées, souvent déroutantes, de deux brocanteurs traquant l’aubaine rare au fond des greniers à vider ou croyant la saisir dans le double reflet bleuté d’une vitrine de bordel…

Elle disait que de posséder une poupée n’avait rien d’anodin, quelque soit sa destinée et la relation que l’on peut avoir avec elle, ou pas. Peu importe. quoi qu’il en soit, quelque soit son rôle, la fonction dont on la charge, ce qui y projette, et la façon dont on se place par rapport à elle, la poupée est un étrange étranger que l’on impose dans la vie de ceux à qui on l’offre. à la fois semblable à nous et pourtant absolument inanimé.

je ne peux m’empêcher bien sur à penser aux poupées de Hans Bellmer, à cette extraordinaire présence vide.

L’auteur de ce livre racontait que son père lui avait offert une poupée lorsqu’elle était petite fille et qu’elle avait du  accepter que cette poupée l’accompagne… et que ce n’étais pas si simple.

elle discutait de cette étrange relation qui se lie entre un enfant et une poupée, qui va de l’imitation à l’exécutoire des pulsions allant jusqu’au plaisir de la destruction. elle racontait qu’aux Etats unis, les parents qui perdaient un enfant à la naissance pouvaient faire reproduire les traits de celui ci sur une poupée, lui ressemblant trait pour trait et censé permettre à sa mère de faire le deuil de l’enfant perdu. elle disait que c’était terrible de se rendre compte à quel point ces poupées hyperréalistes, n’était que des poupées une fois que l’on s’approchait de ce que l’on prenait pour un bébé.

en cela je préfère la poupée de chiffon, d’abord parce que je trouve que son corps est plus doux, plus agréable à serrer contre soi, mais aussi parce que son but n’est pas de ressembler à la réalité mais de jouer à la réalité.

Je me suis déjà interrogée sur la forme subtile de la relation que l’on peut avoir à l’objet.

Ce qui est sur, c’est que je prends beaucoup de plaisir à coudre une poupée, que j’aime broder son visage et l’expression qui sera la sienne, et qui sera un peu le reflet de ce qu’elle pourrait être. mais cette expression est aussi celle qu’elle renverra à chaque fois qu’on posera les yeux sur elle…

Est que les yeux des poupées s’animent de ce que nous avons au fond de nous?


Posted 3 months, 3 weeks ago at 13 h 58 min.

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