L'atelier des heures volées

°°°bois, tissus et couleurs°°°

Et maintenant? il est temps de jouer…

J’ai dans l’idée de faire cet article sur le temps du jeu depuis noël (et sans courir directement au temps du je), mais je me suis dis que j’allais illustrer mon argumentation par des phrases tirées du livre « Jouons autrement » de Catherine Dumonteil-Kremer, et maintenant j’ai aussi envie de parler ce livre parce qu’au moment d’écrire cet article, livre sous le coude, je me suis retrouvée à le relire  finalement.

Je voulais en quelques lignes rappeler que quelque soit le jeu, il est fait pour être partagé, qu’au moment de noël, même si les enfants croulent sous une avalanche de paquets, il se trouve que ce dont a le plus besoin un enfant c’est du temps et de l’attention que peuvent lui donner ses parents.

La vision que je peux avoir de noël, est que c’est en réalité rarement le temps des enfants. une fois la distribution de cadeaux terminée, généralement les parents retournent au festivités avec les adultes dont ils se sont entourés. Et il sera attendu des enfants qu’ils s’occupent avec leur nouveau jouets… De la même manière qu’il est attendu qu’ils soient surexcités par l’évènement, comme si le degré d’excitation devait être à la mesure de l’énergie générée par les parents pour le provoquer! comme peuvent y participer plus que la découverte du cadeau, l’effusion d’emballage, stimulation colorée, bruyante, envahissante, du papier déballé.

Cette année nous avons procédés pour noël comme pour les anniversaires, en distribuant autour de la tablée. On s’est félicité au passage, de s’être débarrassé du père noël, parce qu’on s’est fait griller sur l’emballage des paquets! :lol:   Les papiers ont été évacués sous la table et n’ont pas fait partie de la fête. ce qui a laissé de la place à autre chose. Nous espérons, l’année prochaine avoir remplacé le papier par du tissus.

Suite à cela nous nous sommes mis à disposition. c’est sans doute la chose la plus compliqué à mettre en place, il faut oublier qu’on a autre chose à faire, remettre l’intendance, et donner du temps. Découvrir ensemble jouets et jeux, que nous n’avons pas fini de découvrir à ce jour, et surtout jouer. Jouer ensemble, jouer avec nos enfants, leur donner notre temps, notre regard, notre attention, notre corps à leur niveau, nos mots pour eux. Répondre, ne pas proposer. Être au monde pour eux. et s’apercevoir que finalement, même en vivant ensemble avec nos enfants tout le temps, tant de notre temps ne leur est pas consacré. Ce qui est normal, puisque nous avons notre vie aussi à vivre mais il ne faut pas oublier que même la proximité du cododo, de l’allaitement, des massages, des promenades ne remplacent pas la disponibilité pour passer juste du temps, un peu avec ceux qui nous entourent.

J’ai trouvé de ça dans les mots de Catherine Dumonteil-Kremer, de ces mots que l’on peut lire avec tant de plaisir parce qu’il nous rappelle ce que nous oublions de formuler parce que cela fait partie de notre quotidien, mais que finalement formulé par quelqu’un d’autre, ça conforte ou ça rassure. je n’avais retenu à première lecture que cette confirmation.

Ma deuxième lecture est plus critique. J’ai du un peu surmonter le coté introspectif de la première partie, tout en reconnaissant qu’il est important, puisque c’est par ce que j’ai vécu que je peux partager mon expérience.

D’autant plus que mon expérience par rapport au jeu familial est un peu semblable à celle de l’auteur, mais à la différence, que je pratique un art dans lequel je mets en jeu, ce qui explique sans doute mon manque d’intérêt pour les autres jeux. j’ai eu la chance d’avoir une amie ludothèquaire qui a ouvert mes enfants au jeu (je préférai de loin leur lire des histoires), et m’a permis de découvrir les jeux coopératifs, mais j’en parlerai dans un prochain article.

Ensuite, il m’a fallu réfléchir sur le jeu pédagogique, et la présentation un peu négative qui en est faite.

Dans notre démarche d’instruction en famille, nous tentons de concevoir des jeux qui vont permettre. Permettre l’ouverture à des notions puis à des connaissances. Je ne suis pas tout à fait d’accord pour penser qu’il est dupe de proposer un jeu pédagogique à un enfant, plutôt que de le lui proposer comme une activité. La pratique de la peinture par exemple, est une activité qui est pourtant tout à fait ludique, que j’ai proposée/animée en ludothèque.

Nous avons par exemple vraiment jouer à ce jeu de bataille qu’est le batawaf qui propose de différencier les notions de taille, la bataille se réalisant lorsque les deux cartes représentent un chien de la même taille. nous avons pu observer que le premier intérêt de ce jeu a été de comprendre la règle, un vrai plaisir, à répondre à une question, puis nous avons joués, beaucoup jusqu’à ce que la notion soit intégrée et que le jeu ne nécessite plus d’effort de réflexion. Moi je suis toujours partante pour une partie, mais mon partenaire privilégié s’est détourné de son intérêt pour le moment.

Pour finir avec mes remarques sur le livre « jouons autrement », j’ai pu regretté un peu qu’il n’y ait que très peu de références de jeux pour les plus petits et j’ai remarqué que les jeux proposés pour les plus grands, ne sont pas des jeux si anodins, ou si ludique, et que si leur but n’est pas pédagogique en terme de notion, il est souvent introspectif ( « un brin de jasette » ou « le jeu du tao »), et que je trouve que c’est à même niveau de provoquer des jeux psycho plutôt que des jeux pédagos!!

Tout ça pour souligner seulement que si un jeu permet un échange, une proximité, le rire et le partage, peu importe les notions qui sont explorées…

Et que je suis entièrement d’accord avec l’auteur il faut privilégier ce temps avec ceux que nous aimons, adultes et enfants, parce que le jeu est lien et qu’il permet…

Alors fêtes vos jeux ;)

Nous avons aussi en projet un partage (découverte, critiques, tout ça) autour des jeux que nous expérimentons, dans le forum ressource. On s’y colle des que nous aurons  le temps :)

Posted 8 months ago at 15 h 25 min.

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oublier Emma.Françoise Houdart

Nous avons présentés dans ce journal déjà des artistes plasticiens qui travaillaient le tissus, le fil, la couture. Cette fois c’est d’un écrivain dont j’ai envie de parler, à défaut de l’avoir lu.

J’étais dans la voiture, au moment de cette émission, la librairie francophone, de France Inter, c’était le 17 Octobre. Elle avait particulièrement attirée mon attention, puisqu’il s’agissait de poupées. Et j’avais trouvé les interventions de Françoise Houdart vraiment très pertinentes.

Son livre évoque la quête d’une poupée:

Françoise Houdart

Oublier Emma

Paru en août 2009, Editeur L. Wilquin, Avin (Belgique)

Une douzaine d’histoires – dont certaines imbriquées les unes dans les autres à la façon des matriochkas – que relient l’obsédante quête d’une collectionneuse à la recherche d’une poupée volée jadis dans un parc et les aventures parfois risquées, souvent déroutantes, de deux brocanteurs traquant l’aubaine rare au fond des greniers à vider ou croyant la saisir dans le double reflet bleuté d’une vitrine de bordel…

Elle disait que de posséder une poupée n’avait rien d’anodin, quelque soit sa destinée et la relation que l’on peut avoir avec elle, ou pas. Peu importe. quoi qu’il en soit, quelque soit son rôle, la fonction dont on la charge, ce qui y projette, et la façon dont on se place par rapport à elle, la poupée est un étrange étranger que l’on impose dans la vie de ceux à qui on l’offre. à la fois semblable à nous et pourtant absolument inanimé.

je ne peux m’empêcher bien sur à penser aux poupées de Hans Bellmer, à cette extraordinaire présence vide.

L’auteur de ce livre racontait que son père lui avait offert une poupée lorsqu’elle était petite fille et qu’elle avait du  accepter que cette poupée l’accompagne… et que ce n’étais pas si simple.

elle discutait de cette étrange relation qui se lie entre un enfant et une poupée, qui va de l’imitation à l’exécutoire des pulsions allant jusqu’au plaisir de la destruction. elle racontait qu’aux Etats unis, les parents qui perdaient un enfant à la naissance pouvaient faire reproduire les traits de celui ci sur une poupée, lui ressemblant trait pour trait et censé permettre à sa mère de faire le deuil de l’enfant perdu. elle disait que c’était terrible de se rendre compte à quel point ces poupées hyperréalistes, n’était que des poupées une fois que l’on s’approchait de ce que l’on prenait pour un bébé.

en cela je préfère la poupée de chiffon, d’abord parce que je trouve que son corps est plus doux, plus agréable à serrer contre soi, mais aussi parce que son but n’est pas de ressembler à la réalité mais de jouer à la réalité.

Je me suis déjà interrogée sur la forme subtile de la relation que l’on peut avoir à l’objet.

Ce qui est sur, c’est que je prends beaucoup de plaisir à coudre une poupée, que j’aime broder son visage et l’expression qui sera la sienne, et qui sera un peu le reflet de ce qu’elle pourrait être. mais cette expression est aussi celle qu’elle renverra à chaque fois qu’on posera les yeux sur elle…

Est que les yeux des poupées s’animent de ce que nous avons au fond de nous?


Posted 9 months, 2 weeks ago at 13 h 58 min.

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