au jardin…

Nous y allons plusieurs fois par jour, visiter cette promenade circonvolutive que nous avons dessinés sans penser au plaisir que nous aurions à la parcourir ainsi. Plusieurs fois par jour sentir la vie qui s’épanouie, remplie d’eau et de soleil. Plusieurs fois par jour, s’étonner, s’émerveiller de cette graine qui devient plante puis fruit. Toujours ce mystère de la vie  qui nous fascine. c’est la première fois que nous faisions les semis, et les choses se sont mis en place dans le cycle qui est le leur. cette année nous avons appris à considérer les cycles passés et les cycles à venir comme un ensemble, une continuité, un tout. beaucoup de poésie peut être pour un simple jardin, mais ce contact avec la terre est un contact qui résonne, comme la pierre que l’on jette dans l’eau et dont l’impact crée des cercles, planter une graines, c’est la pierre au centre…

“Les trois sœurs” commencent à se rejoindre. l’ensemble des verts et des formes est des plus réussi. La rondeur des feuilles de capucine m’émeut sans que je ne parvienne à définir pourquoi, et eLeF aussi ne trouve pas plus que moi la raison de cette émotion qui n’appartient qu’à moi. est ce l’utilisation que j’en ai fait dans cette toile inachevée commencée l’été dernier et qui attend, feuilles de vigne, de capucines encollées que je trouve l’inspiration de poursuivre ce travail. comme attendent les quatre tableaux entamés de la série sur la maternité sur laquelle je suis entrain de travailler. Le jardin, la création de cette vie, cet espace, sa composition, le travail de la terre, sont autant de sources d’inspiration, de résonances dans le cycle de ma création, de respirations et de pauses.

Au jardin donc, commencent les premières petites récoltes…

Danse avec les oies

Pour se rendre au jardin potager il faut traverser le poulailler, et croiser plusieurs fois par jour notre élevage de dinosaures, en soupirant que décidément, ces bestioles là ont un sale air, même bébé… Nous avons tenté lors de l’éclosion de cette couvée d’introduire des poussins d’1 jour, magnifiques boules de poils qui faisaient penser à des bébés hiboux. Nous pensions que les poussins allaient s’emmêler et la mère poule nous adopter tout ça. au bout de 24 heures tout allait bien. les poussins étaient mélangés sous la mère, et dans le poulailler. au bout de 25 heures les 6 poussins introduits étaient proprement décimés sur le sol du poulailler. La mère ne s’y est pas trompée. ne reste donc plus que les moches, (les siens) et envolés nos espoir de renouveler l’allure des habitants du lieu. pour cette fois. Nous avons envie d’avoir des poules jolies. bien sur c’est très subjectif. Quoi que…

Pour se rendre au jardin potager donc, il faut franchir le premier sas, la nurserie du poulailler, pour entrer dans son jardin où nous attendent un coq vexé ( mais beaucoup moins sur le qui-vive depuis que les œufs ont éclos) d’être séparé de ses poules (dont sa préférée en profite pour se refaire des plumes),(deux canes et leur canard, trio inséparable et plus loin les petits devenus grands, troupeau inséparable aussi, les deux oies et les 4 ex-canetons.

L’entrée dans les lieux attise la curiosité des juvéniles mais scandalise les plus vieux. ceux ci se regroupent aussitôt, dandinant sur leur pattes, et cancanant à qui mieux mieux, râlant leur indignation d’être dérangé. Depuis qu’elles couvent, les canes marchent le cou rentré dedans, comme deux grosses dames empesées dans des conventions ridicules, et critiquant le monde qui les entoure, accompagné de leur bourgeois prétentieux, qui se gonflant pour se faire valoir, feins de se poser en protecteur, et au passage, martyrise le reste du poulailler… Nous ne pouvons nous empêcher de les observer, en écoutant leurs récriminations, et leurs indignations. trois petits vieux aigris. Appelés à présent “les trois crétins”.

Mais le plus sympa reste à venir.

Un grand plaisir de provoquer les oies dans un duel de chant.

Elles aiment à faire les cœurs de:

oh when the saints, go marching in..” et elles poursuivent “han han han hanhan…“, et elles rythment leur chant d’une danse que nous  accompagnons mais dans laquelle nous imposons le rythme… l’envergure de leurs ailes commence à être imposante, et la danse s’accélère souvent pour devenir une partie de course-esquive à laquelle participent les jeunes canards.

Lorsque le jeu ne les amuse plus, ils se replient sous le sureau qui les abrite la nuit et enfin, nous pouvons aller au jardin! derriere la haie qui nous sépare nous pouvons entrevoir les regards des plus curieux qui épient ce que nous y faisons en commentant nos gestes en catimini.

Les petits

Le lapin est une espèce que l’on reconnait facilement comme prolifique. Pour les nôtres, ce n’aura pas été si simple. La première mise au mâle de la lapine blanche avec le lapin nain n’a pas été suivi de grossesse. La lapine noire a mit bas un avorton prématuré de quelques jours mais bien trop petit. Elle n’a pas survécue.

Cette fois, la lapine blanche a mis bas hier ou avant hier. Il faut une lune pour fabriquer un bébé lapin, qui nait nu et aveugle. Nous nous en sommes rendu compte à mouvements sous la paille, mélangée au poil qu’elle a arraché pour dégager ses mamelle et avec lesquels elle prépare son nid. Cette lapine étant une boule de nerf, je ne suis pas allée visitée le nid. c’est sa première portée et je crains l’abandon, ou même un acte de cannibalisme que l’on peut observer parfois chez les rongeurs qui ne se sentent pas en sécurité. Prudence donc.

Aujourd’hui nous avons trouvés un petit hors du nid.  Le souvenir que j’avais de la reproduction de mes lapins nains lorsque j’étais ado, me laisse à penser que c’est mauvais signe. cependant le lapereau est extrêmement (étonnamment vigoureux) ce qui explique sans doutes sa  fugue hors du nid.  Nous le remettons sur le nid, dans le lequel il s’est enfoui tout seul. Peut être que la chaleur les pousse à s’écarter les uns des autres.

Toujours pas fouillé le nid. Je sais que la mère l’ouvrira lorsque ce sera le moment et qu’à ce moment nous ne prendrons plus de risques en manipulant les petits.

D’autres petits cherchent la fraicheur:

et d’autres au contraire se prélassent au soleil…

Il en manque à cet inventaire… Les poussins suivent à present leur mere à l’exterieur mais en ce moment je n’ai jamais l’appareil avec moi lorsque je me rends au poulailler/au jardin…

Cybele, culte de la fecondité

Nous avons découvert avec cette représentation de Lilith, qu’il en existait d’autres qui la représente de la même manière: ailée, avec des ailes qui font penser aux feuilles du tilleul, perchée sur un félin, un lion peut être et entourée de deux chouettes. Lilith est liée à la grande déesse, déesse mère tout comme Cybele et autre Gaia. en cherchant un peu nous avons appris qu’en fait Gaia était un terme récent un peu générique de l’ensemble de ces déesses mères primitives que l’on retrouve au fait de nombreuses civilisations.

Parmi elles Cybele. dont les représentations, entourée de ses deux lions valent les Venus primitives dont la reproduction fait l’effigie de notre identité artistique.


Celle ci, vient du site de Çatal Höyük, site extraordinaire en Turquie, sur lequel nous reviendrons probablement. 6000-5500

Les suivante viennent d’Ephese. Cybèle pour les Anatoliens, Isis pour les Egyptiens et Artemis pour les Grec, Diane pour les Romain et Rhéa, Lat, etc…

Grande Artemis, 1 siècle de notre ère

Ce ne sont pas des multiples seins qui ornent sa poitrine, mais les testicules des taureaux sacrifiés pour elle, et sa fonction de protection des animaux est représentée par les lions à ses cotés mais aussi par les taureaux, lions et sphinxs en relief sur sa jupe.

Et  cette sculpture contemporaine, de l’artiste Mihail Chemiakin

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c’est la faute à LILITH

Y a des jours où la flemme nous envahie, où l’énergie de la veille semble s’être évaporée dans la grisaille glauque ,épaisse et poisseuse,(genre pâte flubber, mais en gris sale, tu vois?), ce n’est pas qu’il n’y a rien à faire (ça non, jamais) mais pas le gout à le faire en étant persuadé que le résultat ne sera de toute façon pas à la hauteur, on traine dans une mollesse vaguement coupable, trop chaud ou pas assez, et la déprime nourri l’ennui qui nourri la déprime … C’est sur,c’est la nouvelle lune du solstice qui barre de rouge notre calendrier !

Ouf, il ne faut surtout rien faire au jardin,ça tombe bien, ou  justement on s’aperçoit que l’on commence à vivre en phase avec la nature que notre corps répond aux même tensions, subi les mêmes influences que le reste du vivant, et ça , ça fait du bien de le ressentir… Et si ça se trouve , ça aussi c’est la faute à Lilith…

Merci  LILITH !!!